Edito, Décembre 2000

Tout le monde en parle ! Effet de serre, OGM, ESB, pollutions des eaux... vos journaux se font l'écho de cette écologie bruyante. Grands quotidiens ou magazines hebdomadaires chacun y va de son grand titre alarmiste. Bien sûr, il y a les faits : répartition des émissions de gaz polluants entre les nations du globe, pourcentage de culture ogéhémisées à travers le monde, nombre de cas d'ESB déclarés... et puis, les spéculations : montée des eaux, raréfaction de l 'eau potable, dégradation des milieux... On se poserait sans doute la question légitime de savoir quoi faire pour ne pas plonger tout droit dans ces scénarios plus ou moins catastrophiques selon les uns et les autres. On se demanderait alors pourquoi, qui sont les responsables et que peut-on faire pour limiter ces comportements destructeurs de notre cadre de vie. Naturellement, on en viendrait à un choix. Un choix de société, de vraies questions qui ne peuvent trouver de réponses que dans le cadre du débat démocratique. Comment demander à ces grands journaux, propriété de groupes transnationaux économiquement impliqués dans les actions de production et de spéculation liées à ces problèmes environnementaux , de promouvoir en toute objectivité le débat d'idée... le débat politique : dans quel monde veut-on vivre ? Comment leur demander de poser les vraies questions alors que leurs dirigeants courent de cabinets en conseils pour décider en dehors des instances démocratiques des orientations à suivre dans le seul but d'accroître leur hégémonie, leur main mise sur le monde ? Comment espérer encore un débat de société lorsque les politiques s'esquivent, que les décisions sont renvoyées à des instances non démocratiques : OMC, cabinets d'experts privés, conseils européens noyauté par les ténors de l'économat, FMI, Banque Mondiale... On en parle partout, pourtant les choix citoyens se perdent dans une masse de statistiques plus ou moins alarmistes, une chaîne de responsabilités complexe derrière laquelle tous les acteurs politiques se cachent le plus possible. Se soucier d 'écologie, serait-ce aujourd'hui le nec plus ultra pour pavaner dans les salons et se montrer avec son temps ? Pendant que les cabinets d'experts décident de la commercialisation du droit à polluer, demandons-nous quel prix sommes nous prêt à payer pour qu'une production plus respectueuse de l'environnement puisse voir le jour ? Sommes nous prêt à réduire notre consommation de sorte qu'une telle économie au service de la qualité de vie et non de la consommation sauvage puisse voir le jour ? Si vous avez le temps, posez vous la même question pour votre sécurité sociale, l'éducation de vos enfants ou au sujet de l'affligeante pauvreté de plus de la moitié de la population mondiale... Mais là, plus personne n'en parle !